Un corps de cendre
Ne reconstruis pas l’ancien, laisse ses ruines s’effriter jusqu’à ce qu’elles cessent de scander ton nom. Bâtis à partir de la vérité révélée, la vérité nue, brûlante et sans plan ni garantie, là où les certitudes ont fondu et où il ne reste qu’un sol instable mais vivant, car ce qui a été vu ne peut plus servir de refuge, seulement de cendre. Alors, badigeonne ton corps de cette cendre, étale le passé sur l’avenir — perception d’un temps qui s’étire jusqu’à s’annuler — et laisse la magie s’opérer, s’incruster dans chaque parcelle de ta peau fertile. C’est dans cette cendre encore tiède que commence l’architecture juste.
— 31 décembre 2025