bruno leyval


ad vacuum


La poésie n’invente plus : elle prélève. Les mots ne sont pas choisis, ils sont trouvés, copiés, déplacés. La matière du poème existe déjà dans les bases de données, les historiques de navigation, les tickets de caisse, les notifications, les conversations fragmentaires et les archives oubliées. Le poète ne crée pas, il collecte. Il ouvre des flux et les laisse passer : informations, bruits, phrases ordinaires, erreurs et répétitions. Il coupe, recadre, aligne, accumule. La subjectivité cesse d’être le centre du texte et devient un simple résidu dans la circulation du langage. Écrire signifie alors transcrire, déplacer, répéter, saturer. Le poème n’est plus une expression mais un dispositif : un montage de fragments, une surface où circulent des données hétérogènes, un espace où le trivial, le bureaucratique, le numérique et le quotidien coexistent sans hiérarchie. Le langage n’est plus purifié, il est laissé tel quel — banal, redondant, bruité. La poésie devient une opération sur le réel : cartographier les flux, rendre visible la structure de l’ordinaire, accumuler jusqu’à l’épuisement. Le poème apparaît alors comme une expérience de perception, un champ d’informations traversé par la conscience, où ne subsistent finalement que des fragments et des traces, comme si l’on venait de traverser un paysage de données — jusqu'au vide.


8 mars 2026 : Le téléphone s'allume, s'éteint, puis se rallume encore. Lumière flash lumière... 07:11 Sommeil
7 mars 2026 : brumeborne, par-delà Prajñā-et-Sagesse, d’anse en errance, de rose en rose, voie-Yage... brumeborne