Culte de la déviance sacrée
Le culte des célébrités tourne en boucle, norme injectée en intraveineuse, visages répétés jusqu’à l’usure, projecteurs comme des aiguilles plantées dans la rétine collective. Être vu, être vu, être vu — mantra creux. La vraie perversité n’est pas là où on la pointe du doigt : elle est dans le refus, le pas de côté, l’évitement volontaire de la lumière. Fuir l’éclat, glisser vers l’obscur, choisir l’ombreux, les zones brouillées, les arrière-plans dans lesquels plus rien ne brille, mais où tout murmure. Se détourner des écrans comme on se détourne d’un culte, préférer la pénombre aux feux de la rampe, disparaître volontairement dans les interstices, là où l’identité se dissout, où le regard ne capture plus, où l’ombre devient acte de sabotage et l’anonymat une déviance sacrée — l’espoir d’un éveil qui germe à nouveau.
— 15 décembre 2025