Fractures de conscience (6)
Six éclats, six fractures de conscience qui vibrent comme des néons dans le brouillard de l’esprit, le Bouddha apparaît et disparaît dans le clignotement des mots — l’enseigne d’un fast-food merdique qui illumine le sommeil d’un vieux chien sur le bitume / station service démoniaque (Hell) sans le « S », hurle ou murmure, qui sait, perfections, paramita, éclats de lumière projetés sur l’océan de nos problèmes, houle mentale qui nous submerge et nous soulève à la fois, déviance sexuelle sur des plateformes / réseau privé virtuel, et ces fractures de conscience deviennent des projectiles, des antennes qui cherchent la rive lointaine, qui tracent des lignes dans le chaos de nos cerveaux fatigués, qui mordent, glissent, frappent, reflètent, éclatent en miroirs, et dans ce fracas chaque fragment devient arme et refuge, souffle et cri, et nous flottons et tombons, polissons et fracassons, répétons les éclats dans le vide, le vide d’un sac plastique sur la tête, ébullition cérébrale dans la tempête intérieure, dans l’océan des illusions et des souvenirs brisés, libération, illumination, répétitions, mots tranchants qui transpercent la brume, et chaque fracture de conscience s’ouvre comme une balise, un passage, un passage vers l’autre rive, vers la rive boueuse d’en face, vers la lumière tremblante qui clignote entre les vagues de doute et de peur, paramita sifflant dans le vent, six éclats qui se multiplient et se recombinent, se réfractent, se consument et renaissent, chaos lumineux, souffle continu, souffle haché, souffle qui s’éparpille et revient, et au milieu de tout ce tumulte, la rive attend, silencieuse, distante, palpable seulement à travers ces éclats de conscience, ces fragments que nous polissons encore et encore et que nous laissons exploser dans le vide, pauvres fragments comme des étoiles qui se fracassent pour illuminer le ciel intérieur et qui, peut-être, nous porteront enfin au-delà de nous-mêmes, là où l’océan s’apaise, où le bruit se tait, où la libération et l’illumination ne sont plus des mots, mais des éclats, des fractures de conscience traversées, vécues, consumées et transcendées. Et il y a cette coupe de cheveux qui résiste, cache-misère, longue chevelure à monter en chignon-sadhu chaque matin : comment réaliser un chignon : ultra facile !, essaye avec une pilule de vitamine pour les faiblesses de l’âge. Devenir meilleur est une escalade, grimper la pente la plus raide, la plus glissante : « un moment de colère suffit à détruire… », moine grimpant, coussin fumant, rien de plus, encore. Une longue plainte psychédélique, et le Dervish ensorcelant provoque un voyage sonore où la musique traditionnelle rencontre les mélodies envoûtantes / mélange unique : chamanique, hypnotique et psychédélique — expérience. Mais oui, bien sûr qu’il est possible de passer à un état supérieur ! Gurdjieff savait tourner, lui. Point.
— 14 décembre 2025