Bruno Leyval

Journal & autres notes

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La danse cosmique

Ce qui circule entre deux pôles sans se bloquer, sans se perdre, n’appartient plus à l’un ni à l’autre. C’est le sang du mythe, l’électricité du sens, l’instant où l’être cesse d’être une frontière et devient un passage sacré. Alors, c’est en empruntant ce passage que s’offre au passager la joie d’une danse cosmique — là où le sens et le mystère battent à l’unisson. C’est une danse sans chorégraphe, sans but précis, où l’on ne “devient” plus quelque chose, mais où l’on consent enfin à circuler, vivant, au cœur du mouvement éternel. Tourne et tourne encore. L’ordre mevlevi — la danse rituelle où les initiés tournent sur eux-mêmes en état de méditation active. Et puis Shiva qui danse parce que le monde est mouvement. En lui, les contraires cessent de s’opposer pour devenir rythme. Dans le cercle de feu, son corps ordonne et dissout le monde à chaque pulsation. Création, destruction et renaissance ne sont plus des événements successifs, mais une seule et même vibration. Celui qui contemple cette danse comprend alors que vivre, c’est consentir à être traversé par le feu du changement — et entrer, à son tour, dans la danse cosmique. Le passager contemple le passage, danse et choisit de mener une vie de dépouillement matériel, laissant derrière lui l’encombrement des possessions et des certitudes.