Bruno Leyval

 

journal et autres notes

Oisif et sans entraves

Oisif et sans entraves,
non pas libre mais soustrait,
retiré des circuits de la contrainte,
hors de l’obligation de paraître, d’agir, de se répéter.

L’oisiveté n’est plus repos mais suspension,
un point mort dans la mécanique des jours,
où les causes se dissolvent avant leurs effets,
où les gestes ne trouvent plus d’objet.

Sans entraves, donc sans direction,
il ne progresse pas — il se défait,
glisse hors des finalités,
abandonne l’idée même d’un usage de soi.

Et dans cette vacance rigoureuse,
quelque chose insiste sans fonction ni nom :
ni liberté, ni absence,
mais une présence désaffectée, irréductible.

Ah, oui !?!

— poesie