bruno leyval


artiste et poète conceptuel


Silence

tombe sur la ville comme une cendre légère qui recouvre les gestes oubliés et les voix suspendues silence
  devient presque une matière que l’on respire sans s’en rendre compte, un refrain latent qui revient, revient encore, revient dans chaque pensée silence
    s’étire alors en longues lignes invisibles, reliant les regards qui s’évitent et les souvenirs qui insistent silence
      glisse entre les mots non dits, virgule, point, deux-points, comme si les signes apparaissaient en clair dans l’air même silence
        répète son propre écho jusqu’à devenir une présence familière, presque rassurante, presque inquiétante, presque nécessaire silence
          enfle et se dédouble, ouvrant des espaces dans lesquels les nombres augmentent, un, puis deux, puis trois, comme si chaque paragraphe du monde ajoutait une couche au réel silence
            persiste et recommence, recommence encore, comme une litanie douce qui ne cherche pas à finir mais à durer silence
              s’imprime dans les gestes, dans les regards, dans les respirations, et revient, revient encore, comme un refrain que personne n’a vraiment choisi silence
                enfin se referme sur lui-même sans disparaître, laissant derrière lui une trace claire, presque écrite, presque lisible, silence


23 mars 2026