Bruno Leyval

Journal & autres notes

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Deux mouvements

Il y a toujours deux mouvements, même lorsqu’un seul semble visible, car ce qui se présente comme unité n’est jamais qu’un compromis temporaire entre deux forces incompatibles. La dualité, dès lors, n’est pas une opposition franche, mais une contamination réciproque, une lente infiltration par laquelle chaque « être » absorbe son contraire jusqu’à ce qu’il devienne impossible de les distinguer. Fusion totale — équilibre parfait. La première fissure apparaît le jour même où l’on célèbre notre nouvel équilibre. Elle se creuse au moment où l’on croit percevoir dans cette fusion une stabilité intérieure, souvent nourrie par une évolution spirituelle en plein essor. Grisés par cette progression, nous nous en réjouissons sans retenue, nous projetant de nouveau vers le but (le fruit de l’Œuvre), au point d’en oublier le chemin (l’Œuvre) qui y conduit. Voilà le énième écueil pour celui qui prétend suivre la Voie. Sous l’os frontal, la germination oculaire. Pour pouvoir visualiser l’incommensurable, il faut que l’œil soit prêt. Toute vision ne s’effectue qu’après une réunification totale. Alors, il n’y a plus qu’un seul mouvement, même lorsque deux semblent visibles.