Un nouveau cycle
Chaque année, dit-on, apporte son lot de changements, formule usée jusqu’à la corde, comme si le simple ajout d’un jour au calendrier suffisait à produire l’illusion d’un mouvement, et pourtant, à mesure que l’on s’enfonce dans cette pensée apparemment anodine, quelque chose résiste et s’obstine, car il devient impossible de réduire ce passage à une simple arithmétique du temps, à une rotation de plus autour d’un axe déjà bien fatigué. Effectivement, cette nouvelle année — qui n’arrive pas innocemment, mais à la suite d’une année de seuil (marquée par le chiffre 9), d’une année suspendue entre ce qui ne pouvait plus durer et ce qui n’osait pas encore advenir — se présente comme une rupture silencieuse et totale, annonçant un bouleversement intégral, une reconfiguration des attentes, des peurs et des gestes les plus élémentaires. Elle ne s’ajoute pas aux précédentes, elle les recouvre, les annule, les engloutit pour les dissoudre. C’est dans ce mouvement lent et irrévocable que s’impose l’idée troublante qu’il ne s’agit plus d’un simple recommencement, mais de l’ouverture d’un nouveau cycle (marqué par le chiffre 10) dont nul ne peut encore dire s’il porte en lui la promesse d’un ordre retrouvé, d’une communication plus haute, ou la confirmation d’un dérèglement définitif. Un sacrifice temporaire ouvre à une vérité plus haute — un retrait du monde pour une fusion cosmique — ce que je comprends aujourd’hui : le non-agir m’évitera les luttes de demain. Alors, après cette année où une profonde transformation (métanoïa) s’est opérée en moi, je choisis (s’agit-il vraiment d’un choix ?) de continuer sur le chemin qui est le mien, avec ferveur et conviction, et de voir autrement, encore et toujours, pour comprendre profondément — l’Œil, le cœur et l’esprit grands ouverts.
— 1 janvier 2026